Femmes et cybersécurité : parcours et regard d’Amandine, Cheffe de projet SOC chez SNS Security

Le secteur de la cybersécurité reste aujourd’hui encore très majoritairement masculin. D’après le dernier rapport de l’INSEE, les femmes occupaient à peine un quart des emplois dans le secteur du numérique (24 %).
À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, nous avons souhaité prendre un moment pour nous interroger sur la place des femmes dans ces métiers techniques.
Quels sont les freins qui existent encore ? Les clichés ont-ils la vie dure ? Et comment encourager davantage de profils féminins à rejoindre ce secteur ?
Pour en parler concrètement, nous avons échangé avec Amandine, Cheffe de projet SOC chez SNS Security, qui partage son parcours et son regard sur l’évolution de la place des femmes dans la cybersécurité.
Peux-tu nous parler de ton parcours et de ce qui t’a amenée vers la cybersécurité ?
L’informatique a toujours fait partie de ma vie. J’ai un parcours assez classique, voire un peu cliché : depuis ma plus tendre enfance, je suis entourée par la technologie.
Après l’obtention de mon baccalauréat, j’ai choisi de m’orienter vers des études informatiques, et plus précisément vers le domaine du développement web. C’est à ce moment-là que j’ai découvert le métier de chef de projet. J’ai très vite compris que c’était la voie que je souhaitais suivre.
Après mes études, dans le but de développer un maximum de compétences, j’ai créé ma micro-entreprise dans le développement web. Étant seule, j’ai dû apprendre à gérer de nombreux sujets : développeuse, commerciale, cheffe de projet… et parfois même réparatrice de machine à café. Cette expérience m’a demandé beaucoup d’adaptation et de polyvalence.
Avec le Covid et l’arrivée de l’intelligence artificielle, je me suis remise en question sur ce que je proposais. Cela m’a permis de réaliser que je n’exerçais pas vraiment le métier que je souhaitais. J’ai donc décidé de tout quitter pour revenir vers mon objectif initial : devenir cheffe de projet.
Je suis arrivée dans le sud de la France et je suis tombée sur une annonce de SNS Security. À ce moment-là, je ne cherchais pas spécialement un poste dans la cybersécurité, mais plutôt une opportunité de cheffe de projet dans l’IT. Finalement, j’ai découvert un univers que je trouve aujourd’hui vraiment passionnant, en particulier le SOC.

Être une femme dans la cybersécurité : est-ce quelque chose que tu as ressenti comme un défi ?
Si je dois parler de défi, je dirais que je l’ai surtout ressenti à travers le regard des autres. Tout au long de mon parcours, on m’a souvent rappelé qu’il était rare d’avoir une femme dans ce milieu. Cette remarque peut créer une forme de pression inconsciente, notamment pour les jeunes femmes qui souhaitent travailler dans ce secteur.
Avec le temps, j’ai pris du recul par rapport à ces propos. Aujourd’hui, je considère simplement que ma place est là où j’ai décidé qu’elle soit, et pour le moment dans le monde de l’IT. Je me sens à ma place et je ne considère pas que le fait d’être une femme dans ce domaine soit un défi.
Pourquoi y a-t-il encore peu de femmes dans la cybersécurité selon toi ?
Selon moi, plusieurs facteurs expliquent cette situation.
Le premier est justement le fait de rappeler constamment la rareté des femmes dans ce milieu. Cela peut créer une pression supplémentaire pour celles qui souhaitent s’y engager.

Je pense aussi que l’image de l’informatique reste encore très démodée. Le message véhiculé autour de ces métiers est souvent froid et peu accueillant. Il existe encore beaucoup de clichés sur ce secteur et il serait peut-être temps de casser certains codes.
Il est également important de rappeler que l’informatique ne se limite pas à des métiers purement techniques. On peut tout à fait évoluer dans cet univers sans être analyste, technicien réseau ou développeur. Il existe de nombreux métiers autour de ces fonctions.
Qu’est-ce qui t’a motivée à rester et évoluer dans ce secteur ?
La cybersécurité est un univers en perpétuelle croissance où il y a toujours de nouvelles choses à apprendre. Il n’existe pas de journée type : il faut savoir être réactif et disponible à chaque instant. Cela demande aussi de rester en veille constante et de faire preuve d’une grande rigueur. Mais c’est justement cette dynamique qui rend ce métier particulièrement stimulant.
Ce qui me motive chaque jour, c’est cette recherche permanente d’excellence, avec l’objectif de fournir un service de la plus grande qualité.
La diversité apporte-t-elle quelque chose de concret dans une équipe cyber ?
Pour moi, la diversité fait naturellement partie de notre monde. Sans elle, nous n’aurions probablement pas les grandes inventions qui composent notre société aujourd’hui. Je pense donc qu’elle doit aussi avoir toute sa place en entreprise.
Dans le domaine de la cybersécurité, elle est même essentielle. Lorsque l’on travaille dans des équipes mixtes, les réflexions sont souvent plus riches et plus complètes. La diversité des points de vue permet d’enrichir les analyses et d’améliorer les décisions.
Que pourrait-on faire pour encourager davantage de femmes à rejoindre la cybersécurité ?
D’après mon expérience personnelle, certaines choses pourraient évoluer. Il serait par exemple intéressant de redéfinir certains codes dans la communication autour de l’informatique et de la cybersécurité. L’image du secteur reste parfois froide, alors qu’elle pourrait être présentée de manière plus accessible et même plus glamour.
Je pense aussi qu’il est important de montrer la diversité des métiers qui composent le monde de l’informatique.
Enfin, mettre en avant les parcours de femmes dans ce secteur peut être utile, à condition que cela ne soit pas présenté comme un phénomène rare. En réalité, nous sommes beaucoup plus nombreuses qu’on ne le pense.

Quel message aimerais-tu adresser aux jeunes femmes qui hésitent à se lancer dans la cyber ?
Si tu as choisi d’exercer un métier dans la cybersécurité ou dans l’informatique, alors tu as ta place. Il faut simplement s’autoriser à l’occuper.
Le conseil que je donnerais, et qui s’adresse d’ailleurs autant aux femmes qu’aux hommes, est d’apprendre à mieux communiquer. Il ne s’agit pas forcément de parler plus, mais de parler mieux : savoir poser ses idées, pratiquer l’écoute active, poser sa voix et ne pas avoir peur de s’exprimer.